Le logiciel ne se vend plus comme avant. Avec l'arrivée des systèmes multi-agents et de l'agentique, une nouvelle catégorie émerge : l'Agent-as-a-Service (AaaS). Elle bouleverse non seulement ce que nous construisons, mais aussi la manière dont nous facturons la valeur.
De l'assistant à l'agent autonome
Un assistant IA répond à une question. Un agent, lui, poursuit un objectif : il planifie, exécute des actions, utilise des outils, corrige ses erreurs et boucle jusqu'au résultat. L'agentique, c'est ce passage du « répondre » au « faire ». Pour un workflow complexe comme la génération d'un planning conforme au droit du travail, un agent peut orchestrer plusieurs étapes là où un assistant se contentait de suggérer.
Pourquoi le multi-agent change la donne
Un agent unique généraliste atteint vite ses limites. Les architectures multi-agents répartissent le travail entre agents spécialisés qui collaborent :
- Un orchestrateur qui décompose l'objectif et distribue les tâches
- Des agents spécialisés (recherche, calcul, conformité, rédaction)
- Un agent critique qui vérifie et challenge les résultats avant livraison
Cette division du travail reproduit l'organisation d'une équipe humaine performante. C'est exactement le pari que nous faisons chez Combo : un orchestrateur d'agents qui permet à nos clients d'utiliser le produit autrement et de gagner un temps considérable.
L'AaaS : vendre un résultat, pas un siège
L'Agent-as-a-Service ne vend pas un accès à un logiciel, mais l'accomplissement d'une tâche. On ne paie plus pour l'outil, on paie pour le travail réalisé. Cette bascule a une conséquence majeure sur le pricing.
L'évolution du pricing SaaS, en quatre vagues
- Par licence : un prix par poste installé. Le modèle historique.
- Par siège (per seat) : le standard du SaaS cloud, indexé sur le nombre d'utilisateurs.
- À l'usage (usage-based) : on paie ce que l'on consomme. Né avec le cloud et les API.
- Au résultat (outcome-based) : on paie le ticket résolu, le planning généré, le lead qualifié. L'ère agentique.
Le pricing au siège vacille : si un agent fait le travail de cinq personnes, facturer par utilisateur devient absurde. La valeur se déplace vers le résultat produit. Mais ce modèle pose de nouveaux défis : prévisibilité des coûts pour le client, marge face à des coûts d'inférence variables, et mesure fiable de la valeur délivrée.
Ce que cela implique pour les Product Leaders
La vraie question n'est plus « combien d'utilisateurs ? » mais « quelle valeur l'agent crée-t-il, et comment la capturer équitablement ? ». Les modèles hybrides s'imposeront : une base d'abonnement pour la prévisibilité, complétée par une part variable indexée sur les résultats. Ceux qui sauront aligner leur pricing sur la valeur réelle, sans pénaliser l'adoption, prendront une avance décisive. L'agentique n'est pas qu'une révolution technique : c'est une révolution de modèle économique.